
Le gouvernement fait de son mieux pour jouer son rôle en recherchant les voies et moyens nécessaires à la réalisation des infrastructures indispensables au développement du pays. Cependant, un sujet demeure préoccupant depuis toujours : le manque de participation du secteur privé dans la construction économique nationale.
Tout le monde sait que sans une implication forte des investisseurs privés, le développement que recherche l’État restera limité. C’est aux hommes d’affaires de développer des industries dans tous les domaines, tandis qu’il revient au gouvernement d’assurer la législation, les infrastructures, ainsi que les secteurs essentiels tels que la santé et l’éducation.
Or, il semble que les opérateurs privés ne mesurent pas pleinement leur rôle d’acteurs économiques. Sans ce rôle, il ne peut y avoir ni emplois, ni véritable croissance. Sans emploi, il n’y aura jamais de développement économique durable.
Un appel à la responsabilité des entrepreneurs mauritaniens
Le Président de la République devrait déclarer clairement aux hommes d’affaires mauritaniens l’urgence de concevoir des projets industriels fondés sur des études de faisabilité et d’ingénierie solides.
Si la Mauritanie ne représente pas encore un grand marché de consommateurs, ces études doivent intégrer une vision régionale, ciblant la demande en Afrique de l’Ouest et au-delà. Il suffira que chaque fabricant mauritanien dispose d’une direction commerciale capable de s’imprégner des réalités économiques des pays voisins. Mais avant cela, il faut produire.
Un exemple historique : la SNIM et le rendez-vous manqué avec l’industrialisation
Je me rappelle qu’à l’époque, Monsieur Sidi Mohamed Boubacar, Premier ministre de l’époque, avait suggéré à la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière) de participer à la structuration du tissu industriel national.
La réponse de son directeur général fut :
« Je ne conseillerais jamais aux décideurs de ce pays de faire de la SNIM ce qu’elle n’était pas destinée à être. »
Par la suite, au lieu de créer des sociétés industrielles filiales, qui auraient pu impulser une culture industrielle dans le pays, la SNIM s’est limitée à des filiales de services. Ce n’est que bien plus tard qu’elle a mis en place une société de construction mécanique et une fonderie, qui, malgré le poids financier et le prestige de la SNIM, n’ont jamais réussi à dépasser nos frontières.
Les obstacles : savoir-faire, ambition et lenteur administrative
Le problème réside dans le déficit de savoir-faire, le manque d’ambition, et l’insuffisance de maîtrise des technologies industrielles.
À cela s’ajoute un autre frein majeur : la lenteur administrative, souvent due à un manque de confiance en soi.
Changer de méthode pour réussir
Si nous voulons que notre pays se développe, il est impératif de changer de méthode. Ce changement doit être décidé et porté par le Président de la République. Sans cette transformation profonde de nos pratiques, il ne peut y avoir de développement économique et social durable
Sellama Ould Mahmoud

.jpg)
.jpg)