
«Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc a su mobiliser sa position géographique, sa politique industrielle, ses infrastructures, ses partenariats internationaux et sa diplomatie pour devenir un pont stratégique entre continents», relève Stimson Center dans un rapport entièrement consacré au Royaume.
Spécialisé dans les questions de sécurité internationale, de gouvernance mondiale, de paix et de politiques publiques, ce think tank américain indépendant et non partisan basé à Washington met en avant dans un rapport, publié le 15 mai sur son site web, la montée en puissance du Maroc comme acteur régional stable, industriel, diplomatique et énergétique, tout en rappelant les défis sociaux et climatiques à relever.
Le rapport consacré au Royaume par le Stimson Center, sous le titre Morocco Country Policy Report, met d’abord en avant la mutation de l’économie marocaine. Le Royaume n’est plus seulement perçu comme une plateforme manufacturière à bas coût. Il s’affirme désormais comme un exportateur industriel de plus en plus intégré aux chaînes de valeur mondiales, notamment dans l’automobile, l’aéronautique, les minerais critiques, les batteries et les énergies renouvelables.
Avec un PIB estimé à environ 154 milliards de dollars en 2024, le Maroc est présenté comme la cinquième économie d’Afrique. Sa croissance réelle aurait atteint 4,9 % en 2025, portée par la reprise agricole et les grands projets d’infrastructure, après 3,2 % en 2024. Le rapport souligne également la baisse marquée de l’inflation, passée de 6,1 % en 2023 à 0,9 % en 2024, puis à 0,8 % en 2025.
La réussite industrielle est particulièrement illustrée par le secteur automobile, devenu le premier secteur exportateur du pays. Le Maroc produit plus d’un million de véhicules par an et s’impose comme premier constructeur automobile d’Afrique. Cette performance est soutenue par la présence de grands groupes comme Renault et Stellantis, mais aussi par un écosystème dense de fournisseurs et de sous-traitants.
Tanger Med occupe une place centrale dans cette dynamique. Le rapport rappelle qu’en 2024, le port a traité 10,2 millions d’EVP, dépassant Algésiras et confirmant son statut de premier port à conteneurs d’Afrique et de la Méditerranée. Le corridor Tanger Med-Algésiras est présenté comme l’un des axes maritimes les plus stratégiques au monde, renforcé par les accords de libre-échange du Maroc avec l’Union européenne et les États-Unis.
Un hub africain, énergétique et technologique
Le rapport insiste aussi sur le rôle croissant du Maroc dans les secteurs d’avenir. Le Royaume détient 70 % des réserves mondiales de phosphate et a transformé cet avantage historique en levier industriel à travers l’OCP, devenu un acteur mondial intégré des engrais. Au-delà des phosphates, le Maroc dispose aussi de réserves de cobalt, de cuivre, de nickel, de manganèse, de barytine et de fluor, des minerais essentiels pour les véhicules électriques, les énergies renouvelables, les semi-conducteurs et les industries de défense.
Cette position ouvre la voie à une nouvelle ambition. Celle de faire du Maroc un hub des matériaux pour batteries. Le rapport cite notamment l’inauguration par le Groupe OCP d’une première unité de matériaux pour batteries lithium-ion à Jorf Lasfar en juin 2025, ainsi que les investissements annoncés par des entreprises chinoises comme BTR, Gotion High Tech, Huayou Cobalt et CNGR. Ces projets confirment le rôle du Maroc dans les chaînes de valeur liées à la transition énergétique.
Sur le plan énergétique, le rapport souligne que le Royaume se positionne comme un futur grand producteur mondial d’hydrogène vert. En mars 2025, le Maroc avait approuvé 32,5 milliards de dollars de projets destinés à produire de l’ammoniac, de l’acier et du carburant industriel. Le pays vise 56 % de capacité électrique renouvelable d’ici 2030 et ambitionne de capter 4 % de la demande mondiale d’hydrogène à cet horizon.
Le numérique constitue un autre axe de montée en puissance. Le rapport évoque la stratégie Maroc IA 2030, dévoilée en janvier 2026, qui s’inscrit dans la continuité de Digital Morocco 2030. Ces stratégies visent à moderniser l’administration, soutenir l’innovation privée, développer les capacités nationales en intelligence artificielle et créer environ 240.000 emplois numériques d’ici 2030.
Diplomatie d’influence et défis à maîtriser
Le rapport accorde une place importante au repositionnement diplomatique du Maroc. Le Royaume est présenté comme un acteur capable de consolider simultanément ses liens avec l’Europe, l’Afrique, les États-Unis, les pays du Golfe et la Chine, tout en préservant ses équilibres stratégiques. L’Union européenne reste le premier partenaire commercial du Maroc, tandis que le retour au sein de l’Union africaine a renforcé l’ancrage continental du Royaume.
Le rapport met également en avant les succès diplomatiques liés au Sahara marocain, notamment la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc en 2020 et la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU de 2025 plaçant le plan d’autonomie marocain au centre du processus politique. Il rappelle aussi l’ouverture de consulats africains dans les Provinces du Sud, signe d’un soutien croissant à la position marocaine.
Cette dynamique s’accompagne toutefois de défis importants. Le rapport cite le chômage des jeunes, les inégalités régionales, la faible participation des femmes au marché du travail, l’importance du secteur informel et la rareté de l’eau. La disponibilité hydrique par habitant serait passée de 2.560 m³ dans les années 1960 à environ 565 m³ aujourd’hui, plaçant le Maroc parmi les pays les plus exposés au stress hydrique.
Face à ces contraintes, le Maroc mise sur les réformes sociales, la protection sociale universelle, l’investissement dans les infrastructures, le dessalement, les énergies renouvelables et la modernisation économique. Le rapport conclut que la position stratégique du Royaume, sa stabilité politique et sa dynamique de réforme en font un acteur clé en Afrique du Nord et un pont entre les continents. L’enjeu, désormais, est de transformer cette montée en puissance en prospérité plus inclusive et en résilience durable.Sécurité et lutte contre le terrorisme
Le rapport souligne enfin la solidité du modèle sécuritaire marocain, en rappelant que le Royaume a largement évité les attaques terroristes majeures depuis les attentats de Casablanca en 2003, malgré des incidents plus limités en 2007 et 2011. Cette performance est attribuée à l’efficacité des services de renseignement et de sécurité, à la coopération étroite avec les partenaires occidentaux, notamment la France, l’Espagne et les États-Unis, ainsi qu’à une stratégie proactive de lutte contre la radicalisation. Le Maroc est également présenté comme un acteur important du partage de renseignements sur les réseaux jihadistes transnationaux, avec le démantèlement de nombreuses cellules liées à l’EI, à Al-Qaïda et à d’autres groupes affiliés.
Cette approche sécuritaire s’appuie aussi sur un volet religieux structurant. Le rapport met en avant la promotion d’un islam modéré comme rempart contre l’extrémisme, sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants. La formation des imams, la régulation du champ religieux et l’action de l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams à Rabat sont présentées comme des instruments de stabilisation, non seulement au niveau national, mais aussi à destination de pays d’Afrique francophone et d’Europe. Le rapport n’élude pas les défis persistants liés à la radicalisation, aux retours de combattants partis en Syrie, en Irak ou en Libye, ainsi qu’aux risques venant du Sahel. Mais il souligne que le Maroc a construit une réponse globale, combinant sécurité, coopération internationale, encadrement religieux et prévention.
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